Entre

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Pas un bruit

L’air est lourd de la nuit

Mon soleil est parti

 .

Quelque part le jour luit

Des gens s’aiment

Des gens rient

Moi j’oublie

Les couleurs et le vent

La chaleur de l’envie

Dick chante

L’ennui de l’ennui

 Il avait tout compris 

Lilas Conuts

Peinture: Brice Bischoff  http://thecreatorsproject.vice.com/blog/brice-bischoffs-sculptural-abstract-cave-art

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Innocence

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La magie est partout, dans un rire, un baiser
Entre brume et chanson entre ombre et volupté
Sous les traits d’une muse, dans le regard d’un père
Dans l’aube encore laiteuse, là, juste à la lisière.

La magie est en nous, dans l’enfant qui demeure
Au plus profond si pur, épargné par la peur
Pas encore aliéné par l’horreur, la misère
Gage de l’innocence et gardien du mystère.

La magie on bafoue, parjures que nous sommes
Trop pressés de grandir, de devenir des hommes
Maîtres de leur destin, esclaves pragmatiques
À compter, épargner, amasser… pathétique!

Trop souvent invoquée pour le gain, la victoire
Alors qu’elle ne fleurit qu’en amour et espoir
La magie est partout, fragile et éphémère
Entre peine et bonheur entre vie et poussière.

Lilas Conuts (Pour Althéa)

Peinture: Rob Gonsalves http://pw-patchworks.blogspot.com/2011/05/rob-gonsalves.html

Poisse

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Le poisson fait des bulles dans son bocal tout rond
Des bulles de néant pour faire passer le temps
Il songe à s’évader en suivant un courant
Pour rejoindre enfin le grand fleuve vagabond

Le fretin tourne en rond dans son bocal en bulle
Des ronds sans queue ni tête dans cette mer minuscule
Les écailles en bataille et les ouïes grandes ouvertes
En dehors du bocal l’eau est toujours plus verte

Le cyprin fait la sieste au fond de son grand vase
Près du coffre au trésor empli de fausses topazes
L’œil tout désabusé, ses rêves envolés
Il attend la becquée dans une eau sur chlorée 

L’alevin saugrenu se voit déjà rendu
Dans les algues dodues au milieu des tortues
N’ayant jamais connu que son flacon herbu
Il n’y aurait connu qu’une triste déconvenue.

Lilas Conuts

Down under

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Couverte de poussière et les cheveux au vent

Dans des plaines arides je me vois voyageant

Heureuse juste d’être là, simplement en gavroche

Avec de grosses galoches et pas un sou en poche

Autonome, solitaire, en quête d’oxygène

Plus le désert est grand et plus je m’y sens reine

Marchant où bon me porte, au gré des providences

Conversant avec tous sans aucune méfiance

 .

Quand on a rien à soi les échanges sont beaux

On parle de nos amours de nos joies de nos peines

On boit quelques 4X et le monde s’éclaire

On découvre les autres qui parlent de marsupiaux

De croco, d’opaline et puis de leur déveine

On se tape dans le dos comme de vieux compères

On refait le pays, politique y compris

On se jure crachant même d’être amis pour la vie

 .

C’est sûrement pas un rêve qui vous corresponde

Celui-là c’est le mien, ma fronde vagabonde.

 

Lilas Conuts ( 23/7/2007 )

Peinture: réalisée par des aborigènes de Weemol http://www.unicjuly.com/arnhemland.php

 

Évasion

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Qui ne rêverait pas de flamboyants en fleur
Sur une île tropicale empreinte de douceur
De palmiers cocotiers fougères arborescentes
De toutes ses senteurs et couleurs luxuriantes ?

Qui ne rêverait pas de flots doux et sucrés
Dans un lagon si pur qu’il donne envie de planer
De poissons de coraux et de plages sans fin
Sur la peau du soleil du sable et des embruns ?

Moi la belle ingrate
Moi l’indélicate
Moi la renégate

Je suis prise au piège
De tous ses privilèges
Pourquoi en rêverais-je ?

Sans chercher à être marginale
En flamboiements d’Aurores boréales
L’exotisme se décline glacial.

Lilas Conuts ( 24/9/2007 )

Photographie: P.K. Chen http://www.twanight.org/newTWAN/photos.asp?ID=3001244&Sort=Region

Aube

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Quand le gris s’ambre d’ocre que l’air est encore frais

Que tous les arbres chantent en trilles endiablées

Et qu’enfin le soleil s’étire de tous ses bras

Comme pour nous prévenir que l’été est bien là

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À l’affût des derniers papillons de la nuit

Quand quelques margouillats surprennent de leurs cris

Que les coqs carillonnent le lever du harem

Pendant que les collines perdent leur diadème

 .

Effaçant d’un sourire, les démons, les tracas

Une paisible joie dans mes veines grandit

Quand tout est pur et neuf, prêt à être cueilli

La nature se réveille, la magie est en moi

 .

L’enchantement opère rien ne peut m’arriver

Sur mon île perdue dans les bougainvilliers

J’ai retrouvé l’élan, sauvage vitalité,

De puiser pour ma force dans toute cette beauté.

 

Lilas Conuts ( La Foa ) ( 4/12/2009 )

Peinture: Rosiane Priam http://rosiane.livegalerie.com/oeuvre.php

Loin

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Loin des lilas sauvages, des sommets enneigés,

De sapins à palmiers elle avait navigué,

Ballottée par les vents portée par les marées,

Entre les vagues à l’âme elle s’était égarée,

Jonquille saugrenue dans un monde de tiarés.

 .

Loin de l’odeur des mousses, de la froideur des gouttes

Brûlant de mille feux épargnée par les doutes,

Puérile alouette

Désirant qu’on l’envoûte,

Naïve girouette

Voguant coûte que coûte

Au gré des attirances elle inventa sa route

 .

Loin des passions promises, des baisers défendus

Ondulant à l’instinct en quête d’absolu

Elle trouva refuge au sein d’une nébuleuse

Dans l’aérien cocon d’une simple flâneuse

La tête dans les brumes, s’offrant à l’imprévu.

Lilas Conuts (11/12/2009 )

Peinture: Claude Gaveau http://www.place-des-arts.com/fr/liste_art.asp?page=2&pagesize=25&n=GAVEAU&p=Claude&script=Listeabc.asp