Tant Temps

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Comme une vieille chanson un peu trop familière
Aux refrains moribonds entre lucide et amère,
Elle joue à cache-cache avec ses souvenirs,
Tantôt à coups de hache tantôt à coups de rires.

L’appel d’un ailleurs de l’autre coté du temps
Imprécis séducteur derrière les océans
Qui l’enlacent et l’étreignent comme de vieux amants,
Lui donne le vertige et poussée par des vents
De feu et de misère elle se donne aux absents
Aux peut-être aux pourtant de rêves évanescents.

Comme une vieille chanson un peu trop adultère
Aux refrains digressions entre recluse et trop fière
Elle oublie les envers des bonheurs lapidaires
Tantôt dans le silence tantôt à coups de vers.

 

Lilas Conuts

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L’air est doux et feutré, voiles ouatant le monde
Le moment est propice, la pensée vagabonde
Il fait nuit, tout est calme, quelques lumières au loin
Cryptiques lucioles lui servent de témoin

Par un intime pacte entre rime et lumière
D’idées en images, de désirs en espoirs
Fragile alinéa entre les univers
Sereine elle se libère, magie aléatoire

Tous les sens en éveil derrière sa carapace
Troublée de tant d’audace à l’affût des menaces
Petits pas hésitants vers l’ambitieux défi
Elle ose peu à peu briser les alibis

Bafouant les angoisses, subornant les frayeurs
Apprivoisant le doute s’en faisant âme sœur
Elle s’expose nue dans toutes ses rondeurs
Aux caprices de ses maîtres, perversion et candeur

Éclosion lente et douce à des plaisirs nouveaux
À des après caresses, baumes chauds sur sein froid
Vaudou sorcellerie alchimie et émois
Elle la poétesse remercie du cadeau.

Lilas Conuts ( Hommage à Grand Corps Malade )

Peinture: Bruno Cantais http://www.art152.fr/galeries/4195-bruno-cantais/21220.html

Bulle

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On ne verra peut-être pas un autre demain
Mais on a eu la chance de goûter la magie
De quelques heures exquises dérobées à la nuit
Embrasant de leurs feux la brume de nos gris

Une bulle se forme aux reflets cristallins
Et sous nos pieds à nus sable et eau ne font qu’un
L’alizé chaud-suave nous grise de ses parfums
Et la mer en complice nous nimbe de ses embruns

Durant ces doux instants nos deux cœurs pèle-mêle
Vibrant à l’unisson en ondes sensuelles
Voguèrent, frêles esquifs sur bouquets d’étincelles
Aux sons ensorcelants d’une chanson éternelle

On ne verra sûrement pas un autre demain
Mais notre bonne étoile nous aura fait connaître
La musique de nos âmes, les sens qui s’enchevêtrent
L’envie de tout donner, avant de disparaître.

Lilas Conuts

Photographie: Mila Zinkova http://es.wikipedia.org/wiki/Archivo:Reflection_in_a_soap_bubble_edit.jpg

Poisse

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Le poisson fait des bulles dans son bocal tout rond
Des bulles de néant pour faire passer le temps
Il songe à s’évader en suivant un courant
Pour rejoindre enfin le grand fleuve vagabond

Le fretin tourne en rond dans son bocal en bulle
Des ronds sans queue ni tête dans cette mer minuscule
Les écailles en bataille et les ouïes grandes ouvertes
En dehors du bocal l’eau est toujours plus verte

Le cyprin fait la sieste au fond de son grand vase
Près du coffre au trésor empli de fausses topazes
L’œil tout désabusé, ses rêves envolés
Il attend la becquée dans une eau sur chlorée 

L’alevin saugrenu se voit déjà rendu
Dans les algues dodues au milieu des tortues
N’ayant jamais connu que son flacon herbu
Il n’y aurait connu qu’une triste déconvenue.

Lilas Conuts

Volupté

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Regard lointain flottant vers toi
Virtuelles images des émois
En moi ressentis chaque fois

Langoureuses chaleurs de l’âme
Couleurs diffuses d’amalgames
Ondes musquées qui m’enflamment

Pouvoir de l’absent sur mes sens
Liens fantasques et ténus
Qui me taraudent qui me relancent
En mon rêve s’insinuent
Aquarelles floues accoutumance
À perdre pieds…. vaincue
Par des frissons de démence

Saveur aigre douce sur mes lèvres
Fantôme des baisers
Glissés dans un moment de fièvre
Sucré mêlé salé

Vagues soniques qui répercutent
Nichées au creux des reins
Succulentes senteurs, volutes
Vertiges souverains

Lilas Conuts

Peinture: Julie Brachet http://www.juliebrachet.com/?page_id=662

Immersion

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Des vagues dans les yeux de la houle dans l’âme
Seule sur l’océan dans une barque sans rame
Elle regarde la mer et le ciel qui s’enflamment
Attendant immobile la nuit qui la réclame

Doucement ballottée de flots papillonnants
Captivée par la danse des reflets scintillants
Elle enlace peu à peu le passé, le présent
Pour se blottir enfant dans les bras du néant

L’oubli qu’elle espérait l’enveloppe de brumes
Dissipant de leurs voiles peine et mélancolie
Ourlant sa chevelure de fines gouttes d’écume
Diadème virginal pour vestale impie.

Lilas Conuts ( 2/4/2010 )
Peinture: lameretlamour http://lameretlamour.centerblog.net/16.html

Décor

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J’avais besoin d’espace
D’une évasion subite
De nature sauvage
D’horizon sans limite
Pour fuir mes angoisses
Et les gens qui s’agitent
Tout ce remue-ménage
De sons hétéroclites

J’avais besoin de vent et d’embruns sur ma peau
Du cri fou des pétrels au loin sur les îlots
Du clapotis des vagues sur la coque d’un bateau
J’avais besoin de lune se mirant dans les flots

J’avais besoin de nuit pour conjurer la peur
D’une mer immortelle pour noyer ma pudeur
De l’infini d’un ciel aux candides lueurs
En autel sidéral pour lui offrir mes pleurs

J’avais besoin de vide
Et des voiles de la nuit
D’une eau calme et limpide
Qui m’offrirait son lit
Pour cueillir en mon âme
De quiétude remplie
D’une nymphe la flamme
Affamée d’infini.

Lilas Conuts ( 11/11/2011 )

Peinture: Nancy Eckeks  http://dailypaintersabstract.blogspot.com/2010/04/window-to-sea-abstract-contemporary.html